Océanides, néréides.

Océanides, néréides.



Nymphes marines, les océanides sont nées de l'union incestueuse entre le dieu Océan et sa soeur Téthys. Elles sont au nombre de trois mille, aux dires d'Hésiode : "Téthys enfanta une sainte race de filles qui, sur toute l'étendue de la Terre, élèvent les enfants avec le seigneur Apollon et les fleuves ; elle tient ce lot de Zeus lui-même... Elles sont trois mille, les océanides aux fines chevilles, qui, en d'innombrables lieux, partout également, surveillent la terre et les abîmes marins, radieuses enfants des déesses." L'océanide Doris enfanta avec Néréé cinquante nymphe marines, les néréides, qui symbolisent les vertus et la justice. Les néréides, très nombreuses en Méditerranée et en mer Egée, personnifient le mouvement des vagues et les différents états de la mer : Thalia, la verte ; Glaucée, la bleue ; Cymodocée, ondoyante comme les larmes ; Dynaménée, la bousculante ; Cymodaré, la calmante. Tout comme les sirènes, les néréides ont des voix merveilleuse dont elles font usage pour le seul plaisir de leur père Nérée, et non pour provoquer la mort des marins, dont elles sont d'ailleurs les protectrices. Elles prennent l'apparence de jeunes filles sensuelles aux cheveux ornés de perles, montées sur des dauphins ou des chevaux marins.
Pline l'Ancien décrit ainsi l'apparence physique des néréides : "La conformation des néréides n'est pas non plus imaginaire. Seulement, des écailles hérissent leur corps, même dans la partie où elles ont figure humaine. En effet, on en a trouvé une et , alors qu'elle agonisait, les riverains ont entendu au loin son chant lugubre..."



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# Posté le dimanche 11 novembre 2007 11:05

Selkies.

Selkies.
Les selkies sont des femmes-phoques évoluant dans les mers des îles Shetland. Pour plonger au fond de l'océan, elles sont revêtues d'une peau de phoque qu'elle ôtent lorsqu'elles se trouvent sur terre. Elles apparaissent alors sous la forme de très belle jeunes filles qui passent la nuit à danser à la lumière de la Lune. Mais elles doivent prendre garde à ne pas égarer leur peau de ^phoque, car elles sont alors incapables de retourner dans leur élément naturel. Parfois, elles ne quittent leur apparence de phoqies qu'une seule fois dans l'année, généralement durant la nuit de la Saint-Jean, nuit magique où tous les enchantements sont permis et toutes les métamorphoses, possibles.
Si un homme parvient à dérober la peau de phoqie d'une selkie, il tient alors le fille de l'eau sous sa coupe. Elle s'attache à lui, et peut même l'épouser et lui donner des enfants. Mais le mari d'une selkie doit prendre soin de bien cacher la peau ou , mieux, de la brûler, car si la selkie la retrouve, elle quittera sur-le-champ époux et enfants pour revêtir sa peau de phoque, et plonger dans l'océan.
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# Posté le dimanche 11 novembre 2007 11:15

Les sirènes.

Les sirènes.



Les sirènes ont l'apparence de très belles femmes de la taille jusqu'au sommet de la tête, tandis que le bas de leur corps est recouvert s'une queue de poisson couverte d'écailles. Elles vivent dans les mers et les océans, plus précisément sur les rochers situés à proximité des côtes. A l'approche des bateaux, elles chantent si merveilleusement qu'aucun mortel ne peut résister à la tentation de les rejoindre dans leur demeure marine, ce qui cause la mort des marins en mer et le naufrage des navires. Leur beauté et leur sensualité fatale personnifient les séductions et les dangers de la mer.
Le Liber Monstrorium (Le Livre des monstres), manuscrit anglosaxon du 8 ou 9ième soècle, en donne la description suivante : "Les sirènes sont de jeunes vierges marines qui séduident les marins à l'aide de leurs forme splendides et leurs chants mielleux. De la tête jusqu'au milieu de torse elles ont des corps en tout point identique à ceux d'une femme ; pourtant elles ont en dessous des queue écailleuses de poisson, qu'elles gardent toujours bien cachées sous l'eau, dans les vagues."
Vouées à l'érotisme et à la sexualité, mais aussi à l'art, à la musique, au chant et à la divination, ces créatures ne sont pas immortelles ; selon Hésiode, elles peuvent tout de même vivre 291 600 ans dans un état de perpétuelle jeunesse.



D'où viennent-elles?

L'origine des sirènes n'est pas établie de façon certaine. On dit toutefois qu'elle sont les filles du fleuve Acheloüs, représenté comme un homme à queue de poisson, et des muses, en tout cas l'une d'entre elles : selon le mythologue Gerhardt, il s'agirait de Melpomène, la muse du courant harmonieux, Terpsichore, la muse de la danse et des ondes, ou Calliope, à la très belle voix. D'autres chercheurs disent qu'elles sont les filles de la déesse de la Mémoire, Mnémosyne, Claude Nicaise, un auteur du 17ième siècle, dit qu'elles sont nées du sang de la corne d'abondance, à la suite de la lutte d'Hercule avec Acheloüs : "Hercule ayant eu quelque démêlé avec Acheloüs, au sujet de Déjanire, ils en vinrent aux prises. Acheloüs, se reconnaissant dans le combat inférieur en force à ce dieu, chercha tous les moyens de ne pas succomber, et pour cela il prit plusieurs formes, dont celle su serpent, puis celle du taureau. Hercule lui arracha une corne, qu'on a appelée la corne d'abondance, qui fut donnée à la Fortune, comme sa compagne inséparable. Acheloüs, ne pouvant souffrir d'être privé d'une de ses cornes, donna pour la ravoir celle d'Amalthée, qui lui rendirt la sienne. Enfin vaincu par le héros, il se cacha dans le fleuve qui porte son nom et qu'on représenté avec deux cornes. Les poètes disent que du sang de cette corne arrachée par Hercule naquirent des sirènes."



Leur résidence.

A l'extrémité de la presqu'île de Sorrente se trouvait un temple des sirènes, là où les Anciens localisaient la résidence habituelle des filles de la mer, sur des rochers nommés île Sirénuse, citées par Aristote : "On dit que les îles Sirénuses se trouvent en Italie, à l'extrémité du détroit situé en avant d'un lieu saillant et riche en baies, renfermant Cumes et formant la limite de la Poséidonie. C'est là aussi qu'est situé le temple des sirènes, que les habitants vénéraient par de nombreux sacrifices. Elles se nommaient Parthénope, Leucosie, Ligée."
Claude Nicaise situe plutôt le séjour des sirènes dans la ville de Naples : "Nous reconnaissons que la ville de Naples était le vrai séjour des sirènes, car où pouvaient-elles, pour tous les autres plaisir aussi bien que pour celui de la musique, choisir plus commodément leur demeure qu'en ce lieu où les empereurs romains habitaient la plus grande partie de l'année? Je me persuade que les Napolitains, si fervents de chants, ont toujours pris Parthénope pour symbole."
Dans les légendes du folklore marin, les sirènes vivent dans un monde sous-marin où se tiennent leurs palais merveilleux, dans lesquels elles entraînent leurs amants mortels.



Les noms des sirènes et leur signification.

Aglaopé : Celle qui aun beau visage brillant.
Aglaophoné : Celle qui a une voix superbe.
Leucosie : La blanche créature.
Ligéia : Celle qui pousse un cri perçant.
Molpé : Celle qui chante des mélopées.
Parthénopé : Celle qui a un visage de jeune fille.
Peisinoé : Celle qui est persuasive.
Raidné : Celle qui est en progrès.
Télès : La parfaite.
Thelxinoé : Celle qui adoucit l'âme par le chant et la musique.
Thelxépeia : Celle qui prononce des paroles apaisantes.
Thelxiopé : Celle qui a un visage convaincant.


Les attribut de la sirène.

Le miroir : les sirènes sont souvent occupées à se regarder dans un miroir. On a voulu y voir un signe de leur vanité, de leur narcissisme et de leur coquetterie. En fait, ce miroir symbolise la planète Vénus dans la tradition atrologique. Aphrodite, née de l'écume de la mer et déesse grecque de l'Amour, des Arts et de la Fécondité, est souvent représentée avec un miroir. Elle est, malgré son absence de queue de poisson, l'ancêtre des sirènes et la protectrice des marins.
La chevelure et le peigne d'or : les sirènes ont toujours une chevelure opulente et abondante, symbolisant leur fort potentiel érotique et amoureux. Elles passent leur temps à se coiffer avec des peignes d'or, symbolisant le sexe féminin. Les mots kteis en grec, pecten en latin et pettignome en italien désignent à la fois le peigne et le pubis. Au 13ième siècle, le mot français séran, dérivé de "sirène", s'appliquait à un peigne servant à démêler la filasse de chanvre ou de lin.
Ismaël Mérindol révèle que si les sirènes passent autant de temps à peigner leurs cheveux, c'est qu'il s'agit pour elles d'une zone particulièrement érogène ; le fait d'y glisser un peigne leur procure ainsi un plaisir incomparable. Il raconte : "J'eus en mes jeunes années une amante sirène, mais point ne pouvais lui procurer du bonheur par les voies naturelles. Il suffisait pourtant que je lui gratte la tête d'une certaine façon pour la faire bientôt tomber en pâmoison. Car ce que les femmes ont entre les cuisses, les sirènes l'ont en leur chevelure."



Les sirènes ailées.

Leur chant vient du fait qu'à l'origine les sirènes de l'Antiquité grecque étaient non des femmes-poissons mais des femmes-oiseaux dotées de serres puissantes, parfois de pattes de lion.
Ces sirènes avaient des visages de jeunes filles mais des pattes et des plumes d'oiseaux. L'une des nombreuses raisons invoquées pour justifier cette forme curieuse évoque une punition d'Aphrodite, qui les métamorphosa en oiseaux parce que, par orgueil, elles avaient toujours refusé de faire don de leur virginité à un dieu ou à un homme. Une autre légende veut que les sirènes soient les suivantes de Proserpine, la fille de Cérès. Elles avaient laissé enlever leur maîtresse par Pluton pour être conduite aux Enfers. Pour punir les sirènes de leur manque de vigilance, Cérès les aurait changées en oiseaux à tête de femmes. Ovide, dans ses Métamorphoses, y voit au contraire une récompense des dieux.
Ces sirènes d'air n'étaient pas toujours bienveillantes, loin de là. On dit qu'elle s'abattaient comme des oiseaux de proie sur les soldats en marche ou les marins en mer.



Comment les sirènes ont perdu leurs plumes et gagné leur queue de poisson.

Les sirènes furent conviées à un concours de chat les opposant aux muses dont elles étaient les filles. Ce concours, présidé par Héra, fut favorable aux sirènes, dont la voix était plus belle. Refusant d'admettre leur défaite, les muses se ruèrent sur les sirènes pour leur arracher les ailes et s'en faire des couronnes. Désormais incapables de voler, les malheureuses sirènes se précipitèrent dans les vagues de la mer. Apollonios de Rhodes, dans Les Argonautiques, narre ainsi la défaite des sirènes : "Les sirènes sur leur rocher neigeux jouaient de la flûte et de la lyre. Elles soupirèrent profondément puisque la triste destinée d'une mort fatale approchait, et du haut de leur rocher elles se précipitèrent dans les profondeurs de la mer rugissante. Leur corp prirent eux-même la forme de rocher."
Mais toutes ne furent pas métamorphosées en roches. Les survivantes, sous la forme de femmes-poissons, demeurèrent au bord des rivages ou près des récifs à feur d'eau pour guetter les marins et les séduire par leur chant afin de mieux les attirer au fond de l'eau. Car les sirènes sont de grandes amoureuses. D'ailleurs, dit-on, si la mer est salée, c'est qu'elle est remplie des larmes des sirènes en mal d'amour.



Les chant des sirènes

Dans l'Odyssée d'Homère, si Ulysse parvient à écouter sans dommage les chant des sirènes, c'est parce que, sur les conseils de la magicienne Circé, il s'est fait attacher au mât de son bateau, tandis que ses marins continuent la manoeuvre, les oreilles bouchées avec de la cire. Le chant des sirènes est en effet fatal aux marin, qui se laissent séduire par lui. Perdant instantanément l'esprit, il se jettent à l'eau et se noient. Les cruelles sirènes dévorent leur coeur et emportent leur âme, tandis que les bateaux laissés à la dérive vont se fracasser sur les rochers. Cette mort horrible est pourtant ressentie comme une jouissance par leur victimes. Martial (40-103) parle de la "souffrance hilare des marins, mort douce, plaisir cruel". Claudanius (370-404) ajoute : "Leur musique sacrée, aimable danger de la mer, représentait une terreur agréable parmi les vagues. Le vent caressant s'attardait sur la quille du navire, tandis qu'une voix, surgie de l'arrière, envahissait l'espace. Les marins ne désiraient plus emprunter le chemin sans danger du retour. Mais ils ne souffraient pas ; la joie elle-même apportait la mort." Pour Plutarque, le chant des sirènes, en réalité, est un réconfort pour celui qui est promis à la mort : "Le chant des sirènes, loin d'être inhumain et meurtrier, apporte aux âmes migrant de la Terre vers l'autre monde, et qui errent après la mort, l'oubli de se qui est éphémère et un amour de ce qui est divin. Et les âme, captivées par l'harmonie de leurs chants, suivent cette part divine et s'attachent à elles." La sirène s'apparente alors moins à un démon assoiffé de sexe et de sang, et voleur d'âme, qu'à un ange gardien. La femme-poisson retrouve alors ses ailes d'oiseau, comme à la fin du conte d'Andersen.



La seraine et la serre médiévales.

Sirène vient du latin siren, qui a donné serena, "serein, sereine". Au Moyen Age, les sirène étaient couramment appelées seraines, en hommage à leur chant doux et mélodieux. Elles apparaissent dans les bas-reliefs des églises romanes comme des symboles sexuels et des incarnations de la luxure. Ainsi, elles sont souvent représentées avec une queue de poisson double qu'elles tiennent largement écartée en s'aidant des deux mains, en des poses lubriques et lascives. Ces sirènes tentatrices ornent aussi bien les lettrines des manuscrits que les blasons et armoiries, les mosaïques et vitraux, les bénitiers, les bois sculptés que les bas-reliefs de pierre. Parfois on les représente couronnées, ou portant leur enfant dans les bras. Ces sirènes romanes incarnent magnifiquement la féminité, avec ses grâces et son potentiel de fécondité mais aussi, aux yeux de l'Eglise, ses dangers et ses tentations.
Richard de Fournival établit une classification entre les différents types de sirènes : "Il existe en effet trois espèces de sirènes, dont deux sont moitié femme et moitié poission, et dont la troisième est moitié femme et moitié oiseau. Et les trois espèces sont musiciennes : les unes jouent de la trompette, les autres, de la harpe, et les dernières chantent d'une voix de femme. Et leur mélodie est si agréable qu'il n'est aucun homme qui puisse les entendre, si loin soit-il, sans être contraint de venir auprès d'elle. Et lorsqu'il est tout près, il s'endort ; et quand la sirène le trouve, elle le tue."
Les bestiaires médiévaux évoqient aussi une variété de sirène baptisé serre, femme à queue de poisson en forme en fleur de lis, dont les poignets et les coudes sont prolongés de plusieurs ailes. La sirène dessinée dans le Bestiaire de Cambridge, datant du 12ième siècle, est dotée tout à la fois d'une queue de poisson, de serre d'oiseau de proie et d'une jupe formée d'un mmélange de plumes et d'écailles.
Symbolisant la femme impure et lascive, la sirène était considérée comme une prostituée dans l'Angleterre élisabéthaine. Selon Brunette Latini, "Les sirènes étaient trois prostituées qui faisaient tomber dans leurs pièges tous les passants et les réduisaient à l'état de pauvreté. Si l'histoire dit qu'elles avaient des ailes et des griffes, c'est pour symboliser l'amour, qui vole et frappe ; et si elles demeurent dans l'eau, c'est parce que la luxure est née de l'humide."



Les sirènes du mauvais temps.

Les marins disent que l'apparition d'une sirène annonce toujours du mauvais temps. En Basse-Bretagne, on pense qu'il suffit de voir une sirène nue, ou de la toucher même involontairement, pour déclencher une tempête. Selon d'autres croyances, les sirènes ont le pouvoir d'emmener leurs victimes au fond de leur palais sous-marins. C'est le cas notamment de la sirène du fort La Latte, qui a causé la disparition de maints jeunes gens. Dans le sud du Finistère, on redoute plus que tout le chant de la Mac'harit ar gwall amzer, "Marguerite du mauvais temps", qui a le pouvoir de mettre la mer en furie. Un dicton affirme : "Quand la Mac'harit se met à chanter, le pauvre matelot peut commencer à pleurer."
Dans une chanson du Poitou, une jeune fille pleure ainsi son amant ravi par une sirène :
N'y a poissons ni carpes
Qui n'en aient pas pleuré.
N'y a que la sirène
Qui a toujours chanté.
Chante, chante, sirène,
T'as moyen de chanter,
Tu as la mer à boire,
Mon amant à manger.



Les sirènes protectrices

Il faut attendre la Renaissance pour que les sirènes perdent leur sinistre réputation de prostituées et de démons pour devenir les protectrices des marins, ornant de leur effigies charmantes les cartes marines -au milieu des océans, on trouvait cette mention : Hic sunt sirenae, "Ici sont les sirènes"- , les armoiries des villes portuaires et les proues des navires, dont elles étaient les seules représentations féminines tolérées. Leurs couleurs étaient souvent le bleu et l'or, ce qui les assimilait à des madones.
De même, les mermaids ("vierges marines") anglo-saxonnes sont considérées comme bien-faisantes. Jusqu'au 20ième siècle, une loi maritime anglaise réclamait d'ailleurs, au bénéfice de la couronne d'Angleterre, "toutes les sirènes trouvées dans les eaux anglaise".



Le témoignage des marins

Au temps des grandes expéditions maritimes, à partir du 15ième siècle, de nombreux témoignages de voyageurs et de marins semblent attester l'existence des sirènes de mer. Ainsi, dans sa Relation des voyages de Christophe Colomb, l'évêque Bartholomé de Las Casas affirme que le découvreur des Amériques aperçut des sirènes : "Le mercredi 9 janvier 1493, côtoyant l'île de Saint-Domingue, il vit trois sirènes. Elles s'élevaient beaucoup au-dessus du niveau de la mer... Mais elles ne lui parurent nullement belles." Le jésuite Charlevoix (1682-1761) a émis l'hypothèse, sans doute juste, que ces prétendues sirènes étaient en réalité des lamantins, cétacés au visage humanoïde mais laid, longs de trois à quatre mètres, vivant dans la mer des Antilles, et dont la femelle arbore deux seins proéminents ; ou bien des dugongs, cétacés au museau aplati vivant dans la mer des Indes et dans la mer rouge. Les marins espagnols surmontaient ces deux espèces les "poissons-femmes", car lamantins et dugongs poussent des lamentations (d'où le nom de "lamantin") évoquant la voix humaine ou le chant des sirènes.



Les sirènes reconnaissantes.

A Guernesey et en Basse-Bretagne, de nombreux témoignages attestent de l'existence de ces femmes-poissons. Ainsi, un vieillard de Guernesey, se trouvant au sommet des falaises, affirmait avoir contemplé une compagnie de six seirènes allongées près du bord de la mer. Il se précipita pour les voir de plus près mais, effarouchées, les sirènes se jetèrent à l'eau et disparurent. De même, une sirène de Bretagne se tenait dans la baie de La Fresnaye ; c'est là qu'on pouvait entendre sa voix mélodieuse et voir la traînée lumineuse qu'elle laissait sur son passage. Paul Sébillot raconte que, "prise par un sabotier un jour que, bercée sur les vagues, elle s'était endormie, elle le comble de ses dons pour le remercier d'avoir consenti à la reporter dans son élément naturel, et quand elle quitte la Bretagne pour aller dans l'Inde, elle fait présent à ses enfants d'une bourse inépuisable ; une autre sirène donne une flûte à un petit pêcheur qui l'avait remise a l'eau, et elle vient à son secours toutes les fois qu'il en joue."
Il faut cependant prendre garde à ne pas toucher la chevelure des sirènes que l'on remet à l'eau, si l'on ne veur être victime de ses sortilèges. Une sirène qu'un pêcheur vendéen s'apprêtait à remettre à flot pris la peine de l'en prévenir :
Porte-moi dans tes bras.
Pourvu que mes cheveux ne touchent pas ta main,
Sois sans inquiétude.
Mais tes doigts ne pourraient jamais s'en détacher.
S'ils effleuraient , hélas! Ma chevelure blonde;
Je devrais, malgrés moi, dans ma grotte profonde,
T'entraîner sans que rien puisse m'en empêcher.

Dans la plupart des récits du folklore, les sirènes sont reconnaissantes aux mortels qui les remettent à l'eau lorsqu'elles se sont échouées sur le rivage. Elles offrent souvent un trésor caché sous une pierre. La sirène sauvée par la mère du héros breton Rannou lui avait remis, pour son fils, une conque remplie d'une liqueur magique ; grâce à elle, Rannou devint le plus fort et le plus puissant des hommes.
Les contes populaires prennent le relais de ces bienfaits légendaires : ainsi, une sirène vient chaque jour démêler les cheveux blonds du roi de Romanie tombé à l'eau. Une autre emmène dans son palais sous-marin une jeune fille jetée à la mer par sa mauvaise nourrice, et lui confie un onguent magique qui lui permettra de ressusciter son frère.



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# Posté le dimanche 18 novembre 2007 05:44

Les tritons.

Les tritons.



La néréide Amphitrite s'unit au dieu de la Mer Poséidon pour donner naissance à Triton, dieu marin figuré avec un buste d'homme et une queue de poisson. Il vivait dans un palais d'or situé au fond de la mer, et possédait une conque marine au son si éclatant qu'on pouvait l'entendre jusqu'aux extrémités de la mer.
Triton eut pour descendance les tritons, sortes de sirènes mâles au corps d'homme barbu et à queue de poisson. Au 2ième siècle, Pausanias les décrit comme étant pourvus d'une chevelure de goémons, d'un corps couvert d'écailles petites et dures, d'ouïes placées derrière, d'une bouche largement fendue et pourvue de dents humaines, de mains étroites en forme de coquilles bivalves et de jambes tantôt réunies, tantôt séparée en forme de queue de poisson. Chevauchant des dauphins, armés de leurs conques marines, ils sont la personnification du mugissement de la mer. Ainsi, lorsque César s'apprêta à franchir le Rubicon, un triton surgir entre les roseaux et souffla dans sa conque pour encourager l'empereur. Les tritons étaient également réputés pour leurs audaces lascives.


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# Posté le dimanche 18 novembre 2007 10:34

Les Naïades.

Les Naïades.




Les naïades sont une variété de nymphes aquatiques vivant dans les eaux courantes, les rivières, les fleuves, les ruissaux, les sources et les fontaines. Dans la mythologie grecque, elles sont les filles de Zeus et mères des satyres et des silènes. Ce sont elles qui ont élevé Hermès et Dionysos.
Prenant l'apparence de ravissantes jeunes filles couronnées de fleurs, elles ont coutume d'attirer à elles de beaux jeunes gens, qui à leur simple vue perdent l'esprit et n'hésitent pas à plonger dans l'eau pour les rejoindre plus vite. Une légende des Pyrénées rapporte qu' "un jeune seigneur, que la fée d'une fontaine des environs de Carouge avait séduit, allait la retrouver sous les eaux, et, après une nuit d'amour, elle lui permettait de retourner à son château."
Mais la plupart du temps, les amants des naïades ne reviennent pas, demeurant prisonniers de la belle, qui les accueille dans sa vaste demeure cachée au fond de la fontaine. C'est pourquoi les Anciens recommandaient de ne jamais s'approcher trop près des sources et des fontaines, pour éviter de tomber sous le charme de ces adorables mais dangereuses demoiselles. Ismaël Mérindol raconte que, lorsqu'il souhaitait s'abreuver à quelque source ou fontaine providentielle, il prenait toujours soin de fermer les yeux avant de se pencher sur l'onde, pour ne point courir le risque d'y croiser le visage enjôleur de quelque naïade au sourire mutin et d'être tenté de succomber à ses charmes : "Mieux vaut-il boire en aveugle l'eau fraïche des fontaines que s'y noyer les yeux grand ouverts" , aimait-il à répéter.


[g]Les dames des fontaines.

Les naïades veillent à la bonne tenue des fontaines, auxquelles elles ont la plupart du temps donné naissance, soit en frappant à terre de leur pied, soit en pleurant un amour déçu. Elles font alors office de fées des fontaines. C'est la raison pour laquelle la plupart des fontaines leur sont dédiées : fontaine des Fées, fontaine des Demoiselle, fontaine à la Dame, fontaine aux Dame, fontaine à la Bonne Dame, fontaine de la Belle Fée, ect.
Ces dames des fontaines ont coutume de faire leur toilette dans l'onde pure et de peigner leur longue chevelure, assises au bord de la margelle. Mais elles n'aiment pas à être épiées ou surveillées : "Aux environs de Condé, on avait soin de s'écarter à la nuit close de la fontaine aux Dames. Un paysant qui passait auprès vit une jeune fille vêtue de blanc sur une pierre mousseuse. Elle ne paraissait pas l'apercevoir et démêlait ses longs cheveux blonds. Le paysant s'arrêta d'abord, surpris, mais comme il était trop avancé pour reculer, il continua de cheminer, et quand il fut en face de l'apparition, il dit :"Ma belle demoiselle, vous êtes de bonne heure à votre toilette." La fille leva sur lui un froid regard qui la glaça, en disant : "Passe ton chemin ; si le jour est à toi, la nuit est à moi" ; et elle se remis à peigner son opulente chevelure."
Parfois, les naïades n'hésitent pas à noyer les mortels trop curieux qui se penchent au-dessus des fontaines pour tenter de contempler leur royaume immergé. Si on leur manque de respect, elles assèchent les sources et tarissent les fontaines. Et , plus que tout, elles ont en horreur les malpropres qui souillent l'eau qu'elles réservent à leur ablutions. Elles quittent alors à jamais le lieu, après s'être cruellement vengées des fautifs. En revanche, elles apprécient qu'on leur fasse certaines offandes, de peu de valeur pour les mortels mais sans prix pour elles. Elles raffolent particulièrement des assiètes cassées, des tessons de bouteille, des morceaux de pain et des épingles. L'abbé Piederrière (1810-1886) raconte que ces menus cadeaux avaient pour effet de faire rire la naïade cachée dans la fameuse fontaine de Barenton, en forêt de Brocéliande : "Nous avions toujours soin de porter avec nous du pain et des épingles : aussi, chaque fois que nous jetions une miette de pain ou un épingle dans la fontaine, la fée nous riait à merveille. De nombreuses bulles se détachaient de la vase et nous arrivaient à la surface semblables à des perles cristallines."


Naïades slaves.

La fossegrim norvegienne est une belle naïade aux cheveux blonds, mesurant à peine trente centimètres, qui se cache derrière les cascades pour chanter mélodieusement en s'accompagnant des accents nostalgiques de son violon, ce qui a pour effet de faire danser les arbres et d'arrêter les eaux dans leur chute. Les strömkarl suédois jouent du violon près des moulins et des cascades. En Ru!ssie, ce sont les roussalki qui peignent leurs et chantent dans les rivières et dans la mer Noire. Lorsqu'une jeune fille se noie, elle devient une roussalki, au teint pâle et aux yeux verdâtres, vêtue d'une robe de brume. Pour se prémunir de leurs charmes vénéneux, il suffit de porter à la main une feuille d'absinthe. Les merminnes hollandaises ont des dents en arête de poisson et des cheveux couleur vert de mer. De même, les vodianoï russes sont des naïades aux cheveux verts et aux corps gonflés comme ceux des noyés. Elles se baignent à proximité des moulins à eau et frappent d'hydropisie ceux qui les observent. Citons encore les wassernixen, les wellenmädchen, les wasserholde, les brunnenholde, les wasserfrauen, les seejungfrauen, les meerwieber et mille autres créatures des eaux dont regorgent les légendes du folklore germanique et nordique.



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# Posté le jeudi 22 novembre 2007 16:39

Modifié le samedi 24 novembre 2007 05:32