Les Fées.

Les Fées.



Créatures merveilleuses d'apparence féminine, dotées de pouvoirs surnaturels et généralement bienveillantes, les fées ont le pouvoir d'exaucer les voeux des mortels, de les protéger, voir de combler les nouveau-nés de dons en se penchant sur leurs berceaux. Mais elles peuvent aussi se révéler maléfiques et destructrices, s'apparentant dans ce cas davantage aux sorcières.
Au Moyen Age,
elles étaient représentées sous l'apparence de femmes belles, grandes, élancées et richement vêtues. A partir de Shakespeare (la fée Mab), et jusqu'à Walt Disney (la fée Clochette), elles sont devenues minuscules, et se sont vu dotées d'ailes dans le dos, les faisant ressembler à des libellules ou à des papillons. Aujourd'hui, elles ne se montrent plus guère, exceptionnellement, qu'entre deux battements de paupières. Le seul jour où on peut les voir couramment, à condition de connaître leurs cachettes, est le 1ier mai, jour de la fête celtique de Beltaine.
Le
s fées vivent au royaume de Féerie, gouvernées tantôt par la reine Titania, épouse d'Obéron. Elles vivent également dans les îles enchantées comme la mythique île d'Avalon, gouvernée par la fée Morgane, où poussent des pommes d'immotalité et d'éternelle jouvence.
Certai
ns témoignages attestent de l'existence des fées mâles, ou féetauds, mais ces derniers sont très minoritaires, et leurs pouvoirs, infiniment moins étendus que ceux de leurs soeurs et compagnes. En outre, les contes littéraires ne les connaissent pas.


D'où viennent-elles?

Le mot "fé
e" date du 12ième siècle. Il vient du latin fata, dérivé de fatum, "destin", qui a donné fata en italien, fada en provençal et langue d'oc, fade dans certaines régions de France (Auvergne). Une autre étymologie fait dériver "fée" du latin fari, "prophétiser", qui a donné le mot du vieux-français faer, "enchanter, charmer" et faé, "enchanté", fairyou fay en anglais. Mais il est de tradition de ne pas les nommer directement, et de les désigner au moyen d'expressions galantes telles que "les bonnes dames" ou "les franches pucelles".
Qu
ant à leur origines, plusieurs thèses se sont succédé.
Pour les Gréc
o-Romains, les fées descendent des Moires grecques et des Parques romaines. C'est pourquoi elles vont généralement par trois. Les fata correspondent à de petites divinités mythologiques apparentées au destin (fatum), mais également associées aux cultes des arbres, des eaux et des fontaines. Ce culte des fées de la forêt s'est transmis aux Gaulois pendant la domination romaine.
Dans l'Ima
ginaire celtique, les fées sont les descendantes des druidesses chargées jadis des cultes. Comme ces antiques prêtresses, les fées sont souvent représentées vêtues de blanc et coiffées d'une couronne. De druidesses, elles sont devenues des divinités de la nature, et notamment de la forêt. "Elles ont pour demeure des antres obscurs, dans le plus profond des forêts ; elles se montrent quelquefois, parlent à ceux qui les consultent et s'évanouissent subitement."
La lit
térature courtoise du Moyen Age, elle même découlant des récits arthuriens allois, assimile progressivement les fées à l'image de la Dame, objet de l'amour absolu et désincarné de son chevalier servant. La fée-druidesse devient la fée-princesse. Pour les cabalistes et alchimistes du 16ième siècle, les fées sont les gardiennes de la nature, et notamment des arbres et des fleurs. "Généreuses pour l'homme, les fées bienfesantes étaient les charmantes gardiennes de la nature. Ce sont elles qui faisaient la toilette du printemps en secouant de sa robe les bêtes sinistres et difformes. Elles ramenaient le calme au sein des éléments troublés et faisaient renaître la paix dans le coeur des humains."
Ce n'es
t qu'au 17ième et 18ième siècle qu'apparaît, dans les salons littéraires et la cour des rois de France, la fée des contes merveilleux, parée d'une couronne et d'une baguette magique, symbole de ses pouvoirs. C'est ce portrait pomponné de la fée marraine "à la française" qui a contribué au succès des recueils de contes de Perrault, . Une édition populaire de ces contes -y compris Les Mille et Une Nuits de Galland- parut entre 1785 et 1789 sous le titre Le Cabinet des fées.
Ce
s "contes de fées", tout d'abord conçus pour le public adulte et lettré des gens de cour, furent par la suite édulcorés et rejégués dans les limites de la littérature enfantine.


La trinité des fées

Les fées vont généralement par trois, comme jadis les fileuses du destin -Moires grecques, Parques latines ou Nornes nordiques- dont chacune avait une fonction pcise : la première nouait le fil de la vie des mortels en présidant à leur naissance ; la deuxième le dévidait en intervenant dans le destin des hommes ; la troisième, enfin, le rompait en annonçant aux hommes leur mort prochaine, avant de les accompagner dans l'au-delà, au séjour de l'éternelle jeunesse.
L
a première fonction de la fée est de prévoir les événements futurs. Mais elle ne se contente pas d'annoncer l'avenir ; elle le détermine, l'influence, au gré de ses caprices ou des besoins de des protégés. Elles est alors e marraine, qui se penche sur les berceaux des nouveau-nés pour les combler de dons, comme en attestent de nombreux contes merveilleux.
La
fée, enfin, a pour rôle d'annoncer la mort des hommes et de les accompagner dans leur trépas. c'est la "mauvaise fée" ou la "fée oubliée" des contes merveilleux, comme celle qui prédit à la Belle au bois dormant qu'elle se piquera le doigt à une quenouille à l'age de seize ans et se trouvera plongée dans un profond sommeil pareil à la mort. C'est également Morgane, la reine de l'île enchantée d'Avalon, symbolisant le paradis chez les Celtes, qui recueille les roi Arthur mortellement blessé pour le soigner en lui faisant goûter aux pommes d'éternelle jouvence. C'est enfin la Belle Dame sans merci de Keats, fée fatale qui séduit un paladin de passage dans une vallée sauvage. Mais lorsqu'il lui tend ses lèvres, la Dame lui aspire sa vie et son âme en un baiser de mort.


Les rondes de fées.

L'une des manifestations les plus fameuse de la présence des fées dans les forêts est le "rond", "cercle" ou "anneau de fées" qu'elles laissent dans l'herbe après y avoir dan des heures durant : "Les familiers de la chasse aux pâquerettes rencontrent souvent, sur les collines herbues, des bandes circulaires d'un vert plus sombre où la végétation plus touffue est, aussi, plus haute de moitié. Très souvent hémicyclique, épanouies, parfois, en une parfaite circonférence, ces bandes difrent de diamètre et de largeur ; elles semblent tracées au compas et s'empourprent à l'automne d'un diadème d'oronges et d'autres cryptogames aux vives couleurs. Une vieille tradition nous affirme que les fées ont dansé là leur ronde, au clair de lune. "Le folkloriste Evans Wentz ajoute : "L'herbe ne pousse jamais haut sur les bords de l'anneau, car elle est de l'espèce la plus courte et la plus fine. Au centre, poussent en rond les champignons-fées dont les fées se servent pour s'asseoir. Ce sont de toutes petites gens qui aiment danser et chanter."
Pénét
rer à l'intérieur d'un cercle de fées peut s'avérer périlleux, car celui qui s'y risque est emporté dans une danse qui l'obligera à tourner jusqu'à l'épuisement total, voir la mort. On dit aussi que l'écoulement du temps en erie est différent du temps humain ; la danse aura semblé durer quelques minutes à peine, mais en réalité elle aura duré plusieurs jours, voire plusieurs années ou plusieurs siècles.


La fée amante.

L
a fée amante, apparue dans les romans du Moyen Age, est devenue une héroïne de romans de chevalerie. C'est souvent en poursuivant un gibier fabuleux, blanche biche, cerf au pelage de neige ou sanglier au poil immaculé, que le fier paladin est conduit, sans le savoir, jusqu'au palais enchanté où l'attend la fée dont il est désormais le prisonnier d'amour. Car voici que, de chasseur, il est devenu gibier, toumenté par sa passion pour la belle dame dont il est désormais l'esclave et le chevalier servant. Belle à nulle autre pareille, la e amante utilise tous les moyens pour se faire aimer d'un homme, l'épouser et lui assurer une descendance. Mais l'union avec la fée est toujours assujettie au respect d'un condition, d'un tabou, d'un interdit, que la majorité des mortels se révèlent incapables de respecter longtemps. S'ils le transgressent, ne serait-ce qu'une fois, leur féerique épouse les quitte à jamais, emmenant avec elles ses enfants jusqu'au lointain pays deerie.



Les tabous des fées.

Le
s tabous les plus fréquents énoncés par les fées consistent en une interdiction formelle des les appeler par leur nom, de leur appeler par leur nom, de leur rappeler leur origine surnaturelle, de révéler leur existence à autrui, de prononcer devant elles certains mots ou certaines phrases, de les battre, de les conduire dur l'eau ou de les toucher avec un ojet en fer. Les e Mélusine accepta d'épouser Raymondin à condition qu'il ne cherche jamais à la voir le samedi, jour qu'elle occupait à se baigner. Le seigneur accepta et respecta ce tabou plusieurs années durant, jusqu'au jour où, influencé par son frère, il perça de son épée la porte qui dissimulait son épouse à ses regards ; mal lui en prit car, victime d'un sortilège, Mélusine voyait chaque samedi le bas de son corps transfor en queue de serpente. Au cri d'horreur que poussa Raymondin, Mélusine comprit qu'il avait rompu son serment. Setamorphosant dans l'instant en serpent ailé, elle s'enfuit par la fenêtre pour ne jamais revenir.


Le forgeron et la fée aux pattes d'oie.

Le
manque de loyauté des humains à l'égard de leur épouses fées a fini par éloigner celles-ci de la compagnie des mortels, et a sans doute contribué à hâter l'exil des fées, ainsi que l'illustre l'anecdote suivante :
"
Une dame de la grotte aux fées de Vallorbe consentit à prendre un forgeron pour époux, en lui faisant promettre qu'il ne la verrait que lorsqu'elle jugerait à propos de se montrer, et qu'il ne la suivrait jamais dans aucune autre partie de la caverne que celle où il se trouvait au moment de cet entretien. Tout alla bien pendant quinze jour ; le seizième, comme la fée était entrée dans un cabinet voisin pour y faire sa méridienne, son mari entrouvrit la porte ; sa femme sommeillait sur un lit de repos, et sa robe relevée laissait voir ses pieds qui étaitent fait comme ceux d'une oie ; la fée, avertie par le jappement de sa petite chienne, le chassa de la grotte et le menaça des plis durs châtiments s'il révélait jamais ce qu'il avait vu. Le forgeron ne put s'empêcher de le raconter à ses camarades, et, comme preuce il leur montra les deux bourses que lae lui avait données ; mais dans celle qui contenait des pièces d'or, il ne trouva que des feuilles de saule, et dans celle où l'on avait mis des perles, que des baies de genévrier. En même temps, les fées disparurent : on assure qu'elles s'étaient retirées dans les grottes profondes de Montchérand, près de la ville d'Orta, mais nul n'osa jamais y pénétrer pour en avoir la certitude."


La cuisine des es.

I
smaël Mérindol explique dans son fameux Traité de Frie que les fées consomment avant tout des nourritures immatérielles telles que le parfum des mets, l'essence des choses, les filaments des nuages, l'étoffe des ves, l'air du temps, les couleurs des saisons et la rosée du matin. Mais notre auteur ajoute qu'elles raffolent également de certains aliments tels que les baies rouges fraîchement cueillies, le pistil des fleurs, le lait de vache, le beurre, le miel et la safran.


Les changelings.

Les fées
volent parfois les enfants non baptisés, les remplaçant par leurs propres bébés, nommés changelings. Paul Sébillot rapporte que "les fées volent les enfants qui leur plaisent et y substituent les leurs ; ceux-ci sont, d'ordinaire, noirs et laids, et ont un air vieillot ; en quelques pays, notamment en Haute-Bretagne, quand un enfant présente cette particularité, on dit encore que c'est un "enfant des fées."
Pour se débarrasser du changeling, il faut l'obliger à parler et à avouer son âge -toujours respectable, car les enfants des fées naissent vieux. Pour cela, il suffit généralement de jouer sur l'effet de surprise, en lui présentant un spectacle incongru, comme celui de brasser de la bière avec des coquilles d'oeufs ou d'entourer son berceau avec une multitude de pots, potées, assiettes, écuelles ou autres récipients débordant d'un liquide bouillonnant. Le changeling s'écrie alors :
J'ai plus de cent et cent ans,
J'ai vu le gland avant le chêne,
L
'oeuf avant la poule,
Mais
je n'ai jamais vu tant de petits pots bouillants!

Ces
mots à peine prononcés, le changeling s'envole par la cheminée dans un grand ricanement, tandis que l'enfant humain reprend normalement sa place dans un berceau.
Une anec
dote du folklore met bien en lumière la façon dont il convient de se débarrasser des changeling trop envahissant : "Une fée éclatante de beauté habitait une caverne dans le vallon de Réchanté en compagnie de son fils qui était malingre, bossu et muet pardessus le marché ; elles vola dans une maison du village un enfant choisi parmi les plus jolis, et laissa le sien au pied d'un arbre ; deux jeunes filles, touchées de compassion, l'emprtèrent chez elles ; mais , malgré leurs soins, il ne grandissait pas. Une vieille femme, l'ayant vu, conseilla aux gens de la maison de se procurer autant de coques d'oeufs qu'on pourrait en trouver, et de les ranger sur la pierre de l'âtre autour d'un grand feu. On suivit son conseil, et on assit le nainsur une escabelles devant la cheminée ; celui-ci, qui jusque-là n'avait jamais parlé, surpris à la vue de tant de coques d'oeufs, s'écria tout à coup : Té vu tre cou prà, tre cou tchan, tre cou arbrou gran, e jamé vu tan dé ballerot otor dou fouec.
"
Jai vu trois fois pré, trois fois champ, et trois fois de grands arbres, et jamais je n'ai vu tant d'amusette autour du feu." La vieille dit alors aux parents de celui qui avait été dérobé de porter le nain aux environs de la caverne, et de la fouetter sans pitié. La fée accourut aux cris de son enfant pour le défendre, et pendant ce temps les parents pénétrèrent dans la grotte et enlvèrent leur fils."
Ismaël Mérindol, dans son Traité de Faërie, révèle qu'il était lui-même un changeling, qui fut élevé dans une famille d'accueil vivant dans un petit village de Provence, au début du 15ième siècle. Comme tous les enfants des fées ; il était né vieux et sage de toutes les connaissances des fées ; aussi quitta-t-il bientôt la terre provençale pour s'en aller étudier dans diverses facultés d'Europe avant de s'installer à Prague, puis de quitter ce monde pour revenir en "Faërie" en 1522, alors qu'il était âgé de cent vingt ans et plus- en comptant en années humaines.



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# Posté le dimanche 11 novembre 2007 06:23

Les feux follets.

Les feux follets apparaissent sous la forme de petites flammes, de flammeroles, de boules de feu ou d'émanations phosphorescentes qui se manifestent la nuit, notamment durant la période de l'Avent, dans les forêts désertes, près des tombes des cimetières ou au-dessus des marécages. Contrairement aux follets et folletti, que l'on classe avec les farfadets, les feux follets sont des âmes en peine réclamant des prières pour sortir du purgatoire, des âmes d'enfants morts sans baptême ou des esprits malfaisants qui cherchent à conduire les passants au fond des étangs ou au bord des précipices.
Dans les Landes, le fantôme du curé de Commensacq, l'abbé Ducasse, apparaissait en 1822 sur un chemin situé au nord du village, en surplis et étole. Mais il ne s'agissait que d'une illusion : "Ce chemin bordait un marais, et le peuple avait pris pour un revenant les feux follets qui s'élevait par intervalles du milieu des marécage."
A Pont-Audemer (Eure), les feux follets étaient les spectres des femmes ayant péché durant leur vie, condamnées à revenir sous cette apparence durant sept ans.
En pays de Galles, les feux follets sont des esprits venus chercher un parent près de mourir ; la taille de la flammerole correspond à l'âge de l'agonisant : un petit feu follet annonce la mort d'un enfant. En Angleterre, le feux follets ont pour nom Jack with the lantern ("Jack à la lanterne") ou Will o'the wisp ("Will au tortimmon"). Ces ignis fatuus, "esprit du feu", sont représentés comme de jeunes garçons porteurs de lanternes, qui entraînent les voyageurs égarés dans la forêt au bord des précipices. Puis ils soufflent leur bougie et précipitent les malheureux au fond du ravin. En pays de Galles, ce sinistre jeu est le fait du pwca, ou pooka, lutin follet a qui lon attribue mille autres facéties de mauvais goût.



Comment s'en débarrasser?

Il suffit de se signer ou de planter une aiguille en terre. Les feux follets doivent passer à travers les chas, et l'on peut mettre à profit ce délai pour s'enfuir. Pour échapper aux feux follets des étangs, il faut jeter une pierre dans l'eau. Persuadés qu'ils sont arrivés à leurs fins, les feux follets se précipitent alors dans l'onde en ricanant.
Les feux follets.
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# Posté le dimanche 11 novembre 2007 08:41

Les peuples de l'eau.

Les peuples de l'eau.





Les peuples de l'eau sont essentiellement féminins. Sirène à la voix enchanteresse, Mari Morgan aux cheveux blonds, nymphes fécondes des eaux douces, onines se baignant nues dans les rivières, naïades mutines des fontaines, envoûtantes nixes des mares isolées, les créatures aquatiques sont des amoureuses sensuelles qui ne songent qu'à séduire les mortels pour les entrainer au fond de leurs palais sous-marins. Mais leur amour est souvent fatal, et bien des hommes, à fréquenter trop assidûment ces filles de l'eau, y ont laissé leur santé, leur vie et même leur âme. Sans parler des malheureuses victimes des effrayantes lavandières de nuit, des vouivres à queue de serpente, des cruelles groac'h et autres sorcières d'eau.
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# Posté le dimanche 11 novembre 2007 08:56

Mari Morgan.

Mari Morgan.
Les Mari Morgan sont des fées d'eau de Bretagne en tous points semblables à des femmes. On ne les trouve jamais en pleine mer, mais dans le voisinage des côtes, à l'entrée des cavernes ou à l'embouchure des rivières. Le folkloriste Paul Sébillot en dit ceci : "Très effrontées et versées dans la science des maléfices, elles poursuivaient les jeunes pêcheurs de leurs sollicitation amoureuses : ceux qu'elle parvenaient à séduire étaient entraînés sous les eaux et on ne les revoyait jamais."
Les MariMorgan habitent de somptueux palais sous-marins dans lesquels elles entraînent leurs amants, généralement des marins, qui demeurent à jamais prisonniers de ces filles de la mer. En Haute-Bretagne, on dit que les royaumes de Mari Morgan sont aussi étendus que les contrées ; on y trouve des campagnes, des montagnes, des vergers et des jardins. Les châteaux sont ornés de teinture d'algues et de parements de coraux. Les habitants et les visiteurs de ces abysses ne manquent ne d'air ni de lumière, et on y voit presque aussi bien que sur terre. Des poissions font en permanence la navette entre le fond de la mer et la surface ; il s emmagasinent dans leur bouche l'air, qu'ils explusent ensuite dans une gigantesque bulle qui allimente le royaume sous-marin, à la façon d'une cloche de plongée.
On dit que de nombreux marins de Basse-Bretagne ont cédé à la séduction des Mari Morgan, et les ont suivies dans leurs palais de nacre et de cristal, où ils ne manqueraient de rien et pouvaient jouir de plaisir de toutes sortes. Ils épousaient les Mari Morgan, en avaient de nombreux enfant, et s'accommodaient si parfaitement de cette vie sous-marine qu'ils en oubliaient totalement leur existence terrestre.



La Mari Morgan de la grotte de Crozon.

Des Mari Morgan vivent encore dans une grotte près de Crozon, souvent inaccessible à cause de la mer. Un seigneur du voisinage, désolé de ne pas avoir d'enfants, vit un soir sur le chemin de son château une mignonne fillette abandonnée dans un panier de jonc. Il l'emporta à son logis, et sa femme et lui l'élevèrent comme si elle eût été leur fille. Mais c'était une Mari Morgan : bien souvent, la nuit, l'enfant disparaissait du berceau où on l'avait couchée, sans que l'on pût savoir ce qu'elle était devenue. Lorsqu'elle fut grande, on entendit souvent, le sois, dans la cour de château le pas d'un cheval : c'était un folgoat qui appelait la Mari Morgan. On voyait une lumière éblouissante ; c'était la jeune fille qui répondait à cet appel ; elle s'en allait et était quelquefois absente pendant des semaines. Ceux qui l'avaient élevée essayèrent en vain de la retenir, elles les quittait, et un jour elle ne revint plus. Les gens du pays assurent qu'elle est encore dans cette grotte, la dernière qui soit la demeure des Mari Morgan."
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# Posté le dimanche 11 novembre 2007 09:26

Morgans et Morganes.

Morgans et Morganes.
Les morgans et les morganes -àdifférencier des Mari Morgan- sont des nains gracieux vivant dans l'île d'Ouessant.
En 1873, une certaine Marie Tual, native d'Ouessant, en fournissait les description suivante au folkloriste François-Marie Luzel: "Les morganed et morganezed sont de petits hommes et de petites femmes, aux joues roses, aux cheveux blods et bouclés, aux grands yeux bleus et brillants ; ils sont gentils comme des anges. Malheureusement, ils n'ont pas reçu le baptème, et, pour cette raison, ils ne peuvent aller au ciel, ce qui est bien dommage, tant ils sont gentils et ont l'air bons!" La conteuse poursuivit : "Les morganed et morganezed étaient autrefois très communs dans notre île ; aujourd'hui, on les voit encore quelquefois, mais rarement ; on les a trop souvent trompés. On les remarquait, surtout au clair de lune, jouant et folâtrant sur le sable fin et les goémons du rivage et peignant leurs cheveux blond avec des peignes d'or et d'ivoire. Le jour, ils faisaient sécher au soleil, sur des beaux linceuls blanc, des trésors de toute sorte : or, perles fines, pierre précieuses et de riches tissus de soie. On jouissait de leur vue, tout le temps qu'on restait sans battre des paupières, mais au premier battement, tout disparaissait, comme par enchantement, morganed et trésors." Entre autres histoires merveilleuses concernant les morgans, Marie Tual narra le conte suivant à Luzel : "J'ai entendu dire que la Sainte Vierge était un jour seule à la maison et , ayant besoin de s'absenter un moment, pour aller puiser de l'eau, se trouvait fort embarrassée, car elle ne voulait pas laisser seul son enfant nouveau-né, qui dormait dans son berceau.
"-Comment faire?... La fontaines est un peu loin et je ne puis laisser mon enfant seul, se disait-elle, assez haut.
"En ce moment, elle entendit une voix claire et fraîche comme une voix d'enfant, qui dit :
"-Je vous le garderai bien, moi, si vous voulez me le confier.
"Elle se détourna et vit, au seuil de la porte, un petit homme souriant et si gentil qu'elle resta quelque temps à le considérer, saisie d'étonnement et d'admiration. Elle n'hésita pas à lui confier la garde de son enfant et alla puiser de l'eau à la fontaine.
" A son retour, pour récompenser le fidèle gardien, elle lui dit de faire une demande, et elle la lui accorderait.
"- Gened ha morgened, c'est-à-dire : de la beauté et des petits morgans, répondit le petit homme.
"Ce qui lui fut accordé, et c'est pourquoi les morgans sont si jolis et étaient si nombreux, au temps jadis. Mais il aurait mieux fait de demander le baptême, car alors, lui et les siens seraient allés au ciel avec les anges, auxquels ils ressemblent si bien."
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# Posté le dimanche 11 novembre 2007 09:54